- POUR CEUX QUI CONNAISSENT LES PLAFONDS DE LEURS SALLES
DE FRANCAIS PAR COEUR, PASSEZ A UN AUTRE ARTICLE ;) -
...Mon blog est consacré à la musique et je déteste les heures de français, c'est donc tout naturellement que j'ai voulu créer un article consacré aux textes étudiés en français... oO
Juste, pour ne pas paraître dérangée, c'est après les heures passées sur ces extraits que je les ai aimés (parce que compris...?), en particulier pour les deux derniers.
Donc, "merci de votre compréhension" ?!
[ Atoun... ]
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Sartre - Les Mots (1946)
...Je m'accotais à un arbre, j'attendais. Sur un mot du chef de la bande, brutalement jeté "Avance, Pardaillan, c'est toi qui feras le prisonnier", j'aurais abandonné mes privilèges. Même un rôle muet m'eut comblé; j'aurais accepté dans l'enthousiasme de faire un bléssé sur une civière, un mort. L'occasion ne m'en fut pas donnée : j'avais rencontré mes vrais juges, mes contemporains, mes pairs, et leur indifférence me condamnait. Je n'en revenait pas de me découvrir par eux : ni merveille ni méduse, un gringalet qui n'intéressait personne.
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Georges Perec - W ou le souvenir d'enfance (1975)
...Un triple trait parcourt ce souvenir : parachute, bras en écharpe, bandage herniaire : cela tient de la suspension, du soutien, presque de la prothèse. Pour être, besoin d'étais. Seize ans plus tard, en 1958, lorsque les hasards du service militaire ont fait de moi un éphémère parachutiste, je pus lire, dans la minute même du saut, un texte déchiffré de ce souvenir : je fus précipité dans le vide; tous les fils furent rompus; je tombais, seul et sans soutien. Le parachute s'ouvrit. La corolle se déploya, fragile et sûr suspens avant la chute maitrisée.
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Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit (Ondine) (1842)
...-"Ecoute ! -Ecoute ! -C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces
gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les
mornes rayons de la lune; et voici, en robe de moire, la dame
châtelaine qui comtemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau
lac endormi.
..."Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant
est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti
fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.
(...)
...Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoit son anneau à
mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle
son palais pour être le roi des lacs.
...Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle,boudeuse et
dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire et
s'évannouit en giboulée qui ruisselèrent blanches le long de mes
vitraux bleus.


